Thomas Pesquet, jusqu’aux étoiles

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Alors qu’il est devenu le Français ayant passé le plus de temps dans l’espace, Thomas Pesquet sera également le premier de nos compatriotes à prendre le commandement de la Station spatiale internationale.

Si nous sommes amateurs de médailles, les astronautes sont, eux, férus d’insignes de mission. Tout comme les décorations, ces fameux « patches », sont les témoins des nombreux événements marquants qui jonchent les carrières spatiales.

Retour sur l’itinéraire du dixième spationaute français à être parti dans l’espace.

De l’ingénieur au pilote de ligne

D’abord ingénieur de recherche, il est recruté en 2002 par le Centre national d’études spatiales (CNES). Deux ans plus tard, le Normand change d’orientation suite à sa réussite au concours des pilotes cadets d’Air France. Pilote de ligne notamment sur Airbus A320, il accumule plus de 2 500 heures de vol.

Lorsque l’Agence spatiale européenne (ESA) lance une nouvelle campagne de recrutement en 2008, Thomas Pesquet présente sa candidature pour faire partie du corps européen des astronautes. Après une sélection drastique, il fait partie des six élus parmi plus de 8 400 candidats !

Devenir spationaute

Le 13 janvier 2017, Thomas Pesquet est photographié à l’occasion de sa première sortie extravéhiculaire.

Consécutivement à sa formation initiale au centre des astronautes européens de Cologne (Allemagne), Thomas Pesquet débute le programme d’entraînement devant le préparer à une future mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Ainsi, parmi les nombreuses formations qu’il suit, il apprend à piloter le vaisseau Soyouz à la cité des étoiles de Chtchiolkovo (Russie), découvre les procédures de l’ISS au centre spatial Johnson de Houston (Texas) et apprend la mise en œuvre des expériences scientifiques à Cologne.

Après quatre années exigeantes, il est choisi par l’ESA pour faire partie de l’équipage de l’ISS dans le cadre de la mission « Proxima ». Le rêve devient réalité lorsqu’il décolle le 17 novembre 2016 à bord du lanceur Soyouz, tiré depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan).

Les missions spatiales

La mission « Proxima »

Cette mission, dont le nom fait référence à Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Système solaire, est l’occasion pour Thomas Pesquet d’arborer ses premiers patches sur sa combinaison. Outre le drapeau français, divers types d’insignes sont présents, aussi bien des patches de l’ESA que ceux de l’ISS.

Durant son séjour dans la station, Thomas Pesquet est ingénieur de vol. Son temps est partagé entre la réalisation d’expériences scientifiques et la maintenance de la station. Il effectue d’ailleurs deux sorties extravéhiculaires, durant lesquelles il réalise des travaux sur le système électrique de l’ISS.

Il quitte la station le 2 juin 2017 après 196 jours passés à son bord et atterrit dans les steppes du Kazakhstan. Il aura alors mené plus de 200 expériences, principalement pour le compte du CNES, de l’ESA et de la NASA (Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace).

La mission « Alpha »

En juillet 2020, le Français est sélectionné pour retourner dans l’espace. Il quitte à nouveau la Terre le 23 avril 2021 à bord du lanceur Falcon 9, tiré depuis le complexe de lancement 39 du centre spatial Kennedy (Floride).

Cette nouvelle mission de six mois à bord de l’ISS est baptisée « Alpha » en référence au système stellaire et planétaire Alpha du Centaure. Elle permet également à Thomas Pesquet de renouveler sa collection de patches avec, cette fois-ci, des insignes de la NASA et de SpaceX.

Puisque notre site ne se nomme pas « Le revers du patch », il est temps de s’intéresser au parcours phaléristique du spationaute, car il mérite également le coup d’œil !

Les décorations

Vous allez voir que si Thomas Pesquet est déjà une personnalité reconnue en France et à l’étranger, la République française a su distinguer les mérites éminents dont il a déjà fait preuve. Toutefois et contrairement à ce que l’a pu voir chez d’autres spationautes, il ne possède a priori pas (encore ?) de distinctions russes ; nul doute que le nombre de ses décorations augmentera dans le futur. Nous vous quittons donc avec le détail de celles qu’il porte déjà.

Chevalier de la Légion d’honneur

Sans revenir sur ce qu’est la Légion d’honneur, nous pouvons vous indiquer qu’en 2019, à l’occasion de la promotion du 14 juillet, Thomas Pesquet (alors âgé de 41 ans) a été nommé chevalier pour « services exceptionnels nettement caractérisés » en tant qu’ingénieur aéronautique, spationaute et ambassadeur de l’aérospatiale auprès de la jeunesse.

Médaille de l’aéronautique

Créée à l’initiative du ministère de l’Air le 14 février 1945, la médaille de l’aéronautique récompense les mérites dans le domaine de l’aéronautique, et plus particulièrement toute personne qui contribue à l’essor ou au prestige de l’aviation, du domaine spatial, de la sécurité des transports aériens, des sports aériens, des aérodromes et des entreprises de l’aéronautique ou du domaine spatial.

NASA Distinguished Public Service

Attribuée par la NASA pour « des réalisations distinguées ayant considérablement contribué à la mission de la NASA », cette médaille récompense une contribution « si extraordinaire que d’autres formes de reconnaissance seraient insuffisantes ». Créée en 1959, cette médaille compte des récipiendaires prestigieux tels qu’Alan Shepard, Neil Armstrong ou encore Buzz Aldrin.

NASA Space Flight Medal

Cette médaille, également décernée par la NASA, récompense depuis 1981 « une réalisation ou un service important au cours de la participation individuelle en tant qu’astronaute civil ou militaire, pilote, spécialiste de mission, spécialiste de charge utile ou autre participant à une mission de vol spatial ». Elle est attribuée à tout astronaute (américain ou étranger) volant à bord d’une mission spatiale américaine.

Merci à Pierre V. pour la rédaction de ce premier article