Lorsqu’en 1973, la gendarmerie choisit le lieutenant Christian Prouteau pour commander l’unité qui deviendra le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), appelée initialement équipe commando régionale d’intervention (ECRI), elle ne savait pas encore qu’elle avait choisit un « un authentique chef de guerre », tel que le définissait Gilbert DEFLEZ, journaliste de l’époque. 

Le jeune lieutenant Prouteau n’en revient pas : « on me demande si je suis volontaire pour créer cette entité un peu spéciale : 29 ans, la foi qui déplace les montagnes, j’ai du mal à réaliser ce qu’il m’arrive, tout s’est passé si vite ». Et pourtant, il sera le grand bâtisseur de cette unité unique qui fera tant rayonner la gendarmerie.

Lui qui raffole des montres, des armes et des automobiles, à condition qu’elles soient anciennes et somptueuses, possède aussi une culture particulière pour la chancellerie positive. Les faits d’armes de son unité ne tarderont pas à être sujets de nombreuses décorations et récompenses qui participeront tant à la valorisation personnelle des militaires du GIGN que plus tard à celle de l’unité.

Le créateur du GIGN porte les décorations suivantes (2021) : officier de l’ordre de la Légion d’honneur, médaille de la gendarmerie (avec deux citations à l’ordre de la gendarmerie nationale), médaille pénitentiaire, grand officier de l’ordre de l’Étoile (Jordanie), commandeur de l’ordre du Ouissam alaouite (Maroc), commandeur de l’ordre de l’Honneur (Grèce), commandeur de l’ordre du Drapeau de Yougoslavie

Le cas de l’emblématique créateur du GIGN est symptomatique du parcours du combattant que peut représenter l’obtention de médailles – et surtout d’ordres nationaux – pour les militaires de la gendarmerie dans les années 1970. Il faut se remettre ainsi dans la perspective d’une carrière de gendarme dans un période ou l’engagement de la France dans des conflits internationaux n’est plus de mise depuis l’Algérie. 

Jeune lieutenant au sein de l’escadron 6/3 de Saint-Denis (93), il est d’abord récompensé en gendarmerie pour ses compétences sportives, obtenant une lettre de félicitations du général PROVOST, commandant la gendarmerie mobile de la région parisienne, en date du 28 septembre 1973, pour sa réussite en course d’orientation lors du championnat régional militaire en 1973. 

Ecquevilly (1974) : forcené

A la tête du tout jeune GIGN1/, encore appelé équipe commando régionale d’intervention, il est récompensé par un témoignage de satisfaction du général Héraud, commandant régional de la gendarmerie nationale, consécutivement à son action destinée à neutraliser l’auteur de quatre crimes commis à Villennes-sur-Seine et Ecquevilly (Yvelines), le 10 mars 1974.

Jeune et brillant officier de gendarmerie, chef de l’équipe commando régionale d’intervention qui vient de se distinguer, le 10 mars 1974 au cours d’une action destinée à neutraliser l’auteur de quatre crimes commis à Villennes-sur-Seine et Ecquevilly (Yvelines). A organisé et mené à bien avec un remarquable esprit de décision, une parfaite maîtrise de ses techniques et un total mépris du danger l’évacuation par l’extérieur d’un adulte et de cinq enfants bloqués dans l’appartement voisin de celui où s’était retranché le forcené. A conduit par la suite avec courage et brio l’assaut donné par son commando pour s’emparer du meurtrier.

Coudray (1975) : forcené détenant une fillette en otage

Le 14 mai 1975, à la tête de son unité, le lieutenant Christian Prouteau neutralise un forcené détenant une fillette en otage à Coudray. Il effectue un tir de neutralisation avec son revolver Ruger security six 2 pouces ¾ calibre .357 Magnum, à 25 mètres de distance, touchant le forcené d’une balle dans l’épaule. Il s’agit en outre du premier tir offensif dans l’histoire du Groupe.

Il reçoit à cette occasion une lettre de félicitations du général Rigaud, commandant la gendarmerie mobile de la région parisienne :

A démontré une nouvelle fois ses qualités exemplaires de courage et de sang froid, assurant, par son tir précis et dans des conditions très délicates, le plein succès de l’opération.

Loyada (1976) : prise d’otages dans le désert djiboutien 

Lorsque Christian Prouteau et ses huit hommes interviennent le 4 février 1976 au sud de Djibouti, à Loyada, ils ne savent pas quelle sera l’issue de cette tragédie. Et pourtant, leur intervention héroïque apparaît comme le premier fait d’armes pour le GIGN et la première prise d’otage de masse pour l’unité. C’est également la première réussite pour cette jeune unité qui effectue par ailleurs le premier tir coordonné dans l’histoire de la gendarmerie.

Rappel des faits : des indépendantistes à la solde de la Somalie retiennent trente-et-un enfants dans un autocar de ramassage scolaire à la frontière avec la Somalie. Après avoir été rejointes dans la nuit du 4 février 1976 par les militaires du GIGN, les forces françaises se lancent à l’assaut du véhicule après un incroyable tir simultané du GIGN déclenchant le « top action ». Cinq des six preneurs d’otages sont tués tandis que le sixième, blessé, tire une rafale et tue deux fillettes.

Côté chancellerie, si les militaires de la Légion étrangère (2e REP) et des troupes de Marine ayant participé à l’opération se voient attribuer 42 croix de la Valeur militaire, Christian Prouteau et ses hommes furent, eux, exclus de ce dispositif de récompense. 

En interne gendarmerie, le bureau chancellerie estima que l’attribution d’une citation simple sans croix n’était pas du niveau de l’exploit des gendarmes du GIGN, mais que l’attribution de la Médaille militaire ou de la Légion d’honneur représentait un rang protocolaire trop élevé. Il est ainsi décidé de citer à l’ordre de la gendarmerie nationale les neuf militaires ayant participé à cette libération d’otages avec l’attribution de la médaille de la gendarmerie nationale (citations matérialisées par une grenade enflammée en bronze). Il faut noter qu’à cette époque, il était très rare que des gendarmes soient ainsi cités de leur vivant. Le plus souvent, la médaille de la gendarmerie était attribuée à titre posthume.

Récompense

Citation à l’ordre de la gendarmerie nationale, avec attribution de la médaille de la gendarmerie nationale avec grenade de bronze, par décision du Ministre de la Défense, en date du 16 mars 1976 :

Le 4 février 1976, à Loyada (Territoire français des Afars et des Issas), où trente enfants étaient retenus en otages, ont pris une part capitale à l’élimination des terroristes et à la libération des otages, témoignant, dans des conditions particulièrement éprouvantes, d’une parfaite maîtrise d’eux-mêmes, d’une efficacité sans faille et d’une totale abnégation.

Orly (1977) : détournement d’avion et premier assaut sur aéronef du GIGN

Le 30 septembre 1977, à Orly-Ouest, le forcené Jacques Robert détient en otages quatre-vingt-quatre personnes, dont le député Lucien Neuwirth et un ancien ministre, Philippe Malaud. En coopération avec la brigade anti-gang du commissaire Robert Broussard, le GIGN est envoyé pour résoudre le détournement d’une Caravelle assurant le vol Air Inter 429 (Paris-Lyon). 

Alors que le preneur d’otages se met à agiter dangereusement sa grenade, l’assaut est déclenché sur ordre du préfet Jean Perier. Au cours de l’intervention, Jacques Robert parvient à dégoupiller sa grenade tuant un otage qui avait tenté de le désarmer et en blessant quatre autres, dont un grièvement. Il finit par se rendre et est incarcéré.

Le commandant du GIGN est cité à l’ordre de la brigade (sans attribution de la Croix de guerre ou de la Valeur militaire) par décision numéro 530/4.P.O. du général RIGAUD, Commandant Régional de la Gendarmerie Nationale, en date du 15 décembre 1977 :

Officier, chef du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale qui, le 30 septembre 1977 à Orly, s’est tout particulièrement distingué en assurant, dans les meilleures conditions possibles, la mise hors d’état de nuire d’un pirate de l’air qui s’était rendu maître d’un avion de ligne et détenait en otages l’équipage d’un avion de ligne et détenait en otages l’équipage et les passagers.

Prison de Clairvaux (1978) 

Le 23 janvier 1978, l’unité est engagée dans une opération de police judiciaire à la prison de Clairvaux (Aube). Le patron du GIGN s’y distingue dans l’action en parvenant, grâce à l’efficacité de son dispositif, à neutraliser rapidement deux dangereux détenus preneurs d’otages. Il permet ainsi de sauver simultanément la vie de trois personnes.

Il est ainsi cité à l’ordre de la brigade (sans attribution de la Croix de guerre ou de la Valeur militaire) par décision numéro 156/4.P.O. du général Rigaud, commandant régional de la gendarmerie nationale, en date du 20 mars 1979 :

Officier commandant le groupe d’intervention de la gendarmerie nationale qui, engagé avec son unité le 23 janvier 1978 dans une opération de police judiciaire à la prison de Clairvaux (Aube), s’est brillamment distingué dans l’action en parvenant, grâce à l’efficacité de son dispositif, à neutraliser rapidement deux dangereux détenus preneurs d’otages. A ainsi sauvé simultanément la vie de trois personnes et fait preuve d’un sens opérationnel particulièrement exemplaire.

Nomination au grade de chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur (1978)

Christian Prouteau est nommé chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur en 1978 à titre exceptionnel, sur le contingent du président de la République. La décoration lui est remise par Yvon Bourges, ministre de la Défense.

Médaille pénitentiaire (1979)

Le GIGN a très vite fait face aux missions en milieu pénitentiaire, cet environnement étant particulièrement sensible et violent. Ainsi, les interventions dans les prisons de Fleury-Mérogis, de Moulins ou de Clairvaux ne sont pas rares.

En mai 1974, le GIGN1/ intervient lors d’une mutinerie à la prison de Fleury-Mérogis. Leur action est déterminante pour résoudre la crise avec un minimum de violence. D’ailleurs, lors de l’approche du centre pénitentiaire à bord de l’hélicoptère Alouette Gendarmerie, l’équipe de Christian Prouteau croit au pire lorsqu’un avion Mercure 100 (Dassaut) manque de rentrer en collision avec eux. Fort heureusement, le pilote d’hélicoptère réussit à stabiliser sa machine avant d’effectuer un poser d’assaut permettant au groupe de venir mettre un terme à la mutinerie, sans un seul coup de feu.

Le 23 janvier 1978 l’unité est engagée dans une nouvelle opération de police judiciaire à la prison de Clairvaux (Aube). Christian Prouteau s’y distingue dans l’action en parvenant, grâce à l’efficacité de son dispositif, à neutraliser rapidement deux dangereux détenus preneurs d’otages. Il permet ainsi de sauver simultanément la vie de trois personnes.

Une énième intervention dans le cadre d’une résolution de prise d’otage en milieu pénitentiaire, le 25 mars 1979, au sein de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), marque un tournant dans la reconnaissance de “l’acte de courage exceptionnel” du GIGN en milieu pénitentiaire. 

A l’issue de cette intervention, les militaires du GIGN présents se voient décorés, pour la première fois, de la médaille pénitentiaire

Hôtel Fesch (1980) : prise d’otages d’autono­mistes corses du Front de Libération Nationale de la Corse (FLNC)

En janvier 1980, un commando d’autono­mistes corses du FLNC s’empare d’otages et se retranche dans l’hôtel Fesch, à Ajaccio. Les troupes du GIGN interviennent et obtiennent, au bout de plusieurs heures de négociations, la libération des otages et la reddition du commando. Des années durant, le GIGN sera présent en Corse pour réaliser des planques, des filatures et des identifications.

En récompense, Christian Prouteau reçoit une lettre de félicitations du ministre de la Défense, Yvon Bourges, en date du 5 février 1980 :

A la tête du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale, fait toujours preuve d’une classe exceptionnelle, en maîtrisant, dans les conditions les plus périlleuses, des situations difficiles. Payant de sa personne, d’une activité inlassable, d’un dévouement total, mène à bien avec une autorité, une méthode et une efficacité remarquables, toutes les missions qui lui sont confiées. Vient à nouveau de se distinguer lors des événements survenus en Corse du 9 au 14 janvier 1980 en obtenant sans coup férir la reddition des 39 membres d’un commando retranchés dans un hôtel. A ainsi illustré toute la confiance que les autorités et la population placent dans la gendarmerie.

Les seize sous-officiers reçurent quant à eux un témoignage de satisfaction du directeur de la gendarmerie et de la justice militaire, en date du 3 mars 1980.

Christian Prouteau estime encore aujourd’hui cette intervention comme l’une des plus marquante de sa carrière : « Cette affaire est pour moi une des plus remarquables du Groupe car la résolution sans effusion de sang par la négociation, est la plus belle des victoires…« 

Montfort-l’Amaury (1980) : l’affaire Meyrignac

Le 21 juillet 1980, un huissier se présente au domicile des Meyrignac avec un avis d’expulsion. En réaction, Gisèle et Maurice se retranchent chez eux avec leurs enfants et petits-enfants. Maurice épaule un fusil et tire à trois reprises. Peu après, le GIGN est appelé en renfort. La famille finit par se rendre après quarante kilos de gaz lacrymogène projetés dans la maison.

Après les événements, Christian Prouteau reçoit un témoignage de satisfaction par décision numéro 447/4.P.M/O du général Rigaud, commandant régional de la gendarmerie nationale, en date du 28 août 1980 :

Commandant du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale, vient à nouveau de se distinguer et donner la preuve de sa maîtrise professionnelle et de ses exceptionnelles qualités de jugement et de courage. Le 21 juillet, a contribué largement au succès, sans effusion de sang, de l’opération entreprise pour la mise en application d’une décision de justice à laquelle s’opposait un groupe de personnes qui, retranché dans un immeuble, n’hésitait pas à faire usage des armes à feu à plusieurs reprises.

Pauillac (1980) : forcené

Le 29 octobre, à Pauillac (Gironde), le GIGN inter­vient pour mettre hors d’état de nuire un forcené qui, retranché chez lui, venait de blesser par arme à feu un huissier de justice et les deux gendarmes qui l’accompagnaient. Lors de cette intervention le capitaine Christian Prouteau reçoit une décharge de plombs n° 2 calibre 12 en plein visage, à moins de cinq mètres. Il s’en sortira quasiment indemne malgré les cinquante-quatre impacts de plombs, avec seulement la voix cassée ! Le forcené mit quant à lui fin à ses jours avant l’assaut final du GIGN.

Il reçoit alors sa seconde citation à l’ordre de la gendarmerie nationale, avec attribution de la médaille de la gendarmerie nationale avec grenade de bronze, par décision numéro 1 du ministre de la Défense, en date du 30 janvier 1981 :

Officier commandant le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale, s’est particulièrement distingué le 30 octobre 1980 à Pauillac (Gironde) en intervenant à la tête de son unité pour mettre hors d’état de nuire un forcené qui, retranché chez lui, venait de blesser par arme à feu un huissier de justice et les deux gendarmes qui accompagnaient ce dernier. Grièvement blessé au cours de l’action, à fait preuve d’un courage exemplaire.

Chelles (1982) : forcené

En 1982, le GIGN doit intervenir une nouvelle fois pour gérer un forcené. Christian Prouteau reçoit alors un dernier témoignage de satisfaction du ministre de la Défense, Charles Hernu, en date du 16 juin 1982.

Officier supérieur, d’un rare courage. Le 20 avril 1982 à Chelles (Seine-et-Marne), a réussi à neutraliser sans effusion de sang, grâce à son sens psychologique et ses qualités manœuvrières, un forcené qui, disposant d’un impressionnant arsenal d’armes portatives de gros calibre, avait tiré plus de deux cents coups de feu sur les militaires du groupe d’intervention.  A, une fois de plus, payé très largement de sa personne pour mener à bien une mission dangereuse et difficile, à la plus grande satisfaction des autorités administratives et judiciaires.

Récompenser « ses » hommes

Le père fondateur du GIGN l’a toujours dit à propos des ses hommes : « Pendant presque dix ans à leur tête je n’ai jamais eu besoin de me retourner, ils étaient derrière moi, et sans eux, je n’étais rien… » Cette loyauté, il l’a aussi valorisée par l’attribution de récompenses et décorations, et avec notamment la Médaille militaire.

A cette époque, le commandant du GIGN est l’un des pionniers qui impulse la remise de Médailles militaires à ces hommes pour « faits d’armes ». Cette prestigieuse décoration est la plus haute distinction militaire française destinée aux sous-officiers et aux soldats.

« Après bien des difficultés, j’avais obtenu qu’un certain nombre de mes hommes, du fait de leurs états de service et non à l’ancienneté comme c’est souvent le cas en gendarmerie, soient décorés de la Médaille militaire » raconte Christian Prouteau. 

Par son insistance, il parvient ainsi à faire décorer sept de ses hommes, précédemment cités pour des actions d’éclat, en reconnaissance de leurs participations à de nombreuses opérations à hauts risques. Ils sont décorés, le 10 mars 1980, par le général Beaudonnet, au cours d’une cérémonie faisant suite à une démonstration du Groupe pour le ministre de la Défense Charles Hernu. Ce dernier les félicita pour leur remarquable efficacité.

Après la cérémonie, au cours du vin d’honneur, le général Beaudonnet prit la parole et fit un discours improvisé dont il a le secret, puis conclu par cette phrase qui en disait long : « Enfin des médailles militaires décrochées à la pointe de l’épée… ».

Liste des récipiendaires :

  • Pour la mission à la Mecque (nov. – déc. 1979) : MDL/C Christian LAMBERT (cité) ;
  • Pour l’intervention à Briare (5 juin 1979) pendant laquelle le GND Gérard BOLLET (cité) reçoit une décharge de chevrotine en pleine poitrine tirée à bout portant par un forcené, avant qu’il ne soit neutralisé par un tir du GND Gabriel BELLEC ;
  • Pour l’intervention à Djibouti (4 février 1976) : ADJ Ignace WODECKI (cité) ;
  • Pour l’intervention à la prison de Fleury-Mérogis (25 mars 1979) : ADJ Roger MADEC, MDC Pierre RENAUD (cité), GND Jacques DUFOUR (cité).
Sur la photo, les décorés de la médaille militaire sont, de gauche à droite : Gnd Gérard BOLLET, Gnd Gabriel BELLEC, Adj Roger MADEC, Gnd Jacques DUFOUR, Mdc Pierre RENAUD, Adj Ignace WODECKI, Mdc Christian LAMBERT. Crédit photo : D.R. 

Quand le gendarme devient préfet

Christian Prouteau quitte ensuite le GIGN à l’été 1982 pour créer le groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), laissant l’unité aux ordres du capitaine Paul Barril. Après neuf ans de commandement actif, le bilan du « Grand » à la tête du Groupe est impressionnant : il aura commandé soixante-quatre des soixante-dix interventions principales !

Le tout nouveau GSPR est alors chargé de la protection de François Mitterrand, mais aussi de celle de sa fille, Mazarine Pingeot, dont le chef de l’État ne veut pas que l’existence soit dévoilée. Christian Prouteau prend également la tête en 1982, d’une cellule antiterroriste créée sur ordre de François Mitterrand.

Après six années de services au GSPR, il se retire et devient préfet hors cadre en mars 1985. Il sera par la suite responsable de la sécurité des Jeux olympiques d’hiver à Albertville (1992). Fidèle parmi les fidèles du Président, Christian Prouteau sera récompensé pour la conduite de cet événement international par l’accès à la « rosette » en étant promu officier de la Légion d’honneur le 13 juillet 1992. 

A travers ses missions de préfet, Christian Prouteau a reçu les distinctions suivantes : 

  • commandeur de l’ordre du Mérite autrichien, pour services rendus dans le cadre du développement de EKO Cobra, l’unité d’intervention antiterroriste de la Police fédérale autrichienne (Bundespolizei) ;
  • grand officier de l’ordre de l’Étoile (Jordanie) : décoré par le roi, après avoir formé le futur roi Abdallah alors capitaine. Ce dernier s’était d’ailleurs foulé la cheville à Pau au stage de parachutisme ;
  • commandeur de l’ordre du Ouissam Alaouite (Maroc), pour la création du GIGR, l’unité tactique de police d’élite de la Gendarmerie royale marocaine ; 
  • commandeur de l’ordre grec de l’Honneur, pour avoir préparé le voyage du président Mitterrand en Grèce ;
  • commandeur de l’ordre du Drapeau de Yougoslavie.

En vertu d’un décret du 10 février 1995, signé par le président de la République, Christian Prouteau est promu au grade de « colonel de réserve ». Il fait valoir ses droits à la retraite en 2009.

A travers ce parcours, vous avez pu revivre les interventions phares, souvent à haut risque, commandées par le créateur du GIGN.  


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